Visage(s) du 25 août

part. 1

Titre
Visage(s) du 25 août
part. 1

Catégorie
Documentaire

Format
11 portraits,
témoignages audio
et écrits

Localisation
Maillé (37)

Le 25 août 1944, pendant que Paris fête sa libération, Maillé, petite commune d’Indre-et-Loire (à 40 km au sud de Tours) est presque rayée de la carte.

Aux alentours de 9h, des soldats allemands sillonnent le bourg et traquent les habitants qui sont systématiquement abattus. Les maisons sont incendiées les unes après les autres. Celles qui échappent aux flammes sont pilonnées par une pièce d’artillerie positionnée à proximité du bourg, et qui va tirer sur Maillé pendant une partie de l’après-midi. Au final, le nombre de victimes s’élève à 124, parmi lesquelles 48 enfants de moins de 15 ans.

Pendant plus de cinquante ans, l’histoire de Maillé tombe dans l’oubli. Absence de personnalités politiques majeures, indifférence des différents médias, les commémorations anniversaires se déroulent dans un anonymat total. Il faut attendre 2008 pour qu’enfin, un Président de la République assiste à une cérémonie dans le village et reconnaisse officiellement le drame de Maillé.

70 ans après le massacre, les témoins de ce drame peinent encore à dévoiler leurs souvenirs.

Portrait de Michel Gandar

« Le curé leur a demandé si on pouvait partir, les allemands ont dit oui. Moi dans ma petite tête de 10 ans, je me disais si je me retoune ils vont me tuer. Je ne me suis pas retourné, j’avais peur. »

Michel Gandar, 10 ans le 25 août 1944

Michel Gandar traverse le couloir de l'école de Maillé
Portrait de Eliane Guitton Creuzon

« Dans la maison, ils ont lancés des balles incendiaires sur la table, un petit peu partout. »

Elianne Guitton, 16 ans le 25 août 1944

Portrait de France Audevard Audenet

« Pendant des années j’ai eu ce cauchemar toutes les nuits que si j’avais écouté mon père, il ne se serait pas fait tué, il ne serait pas venu, parce qu’il est venu pour me chercher quand il a entendu les premiers coups de feu. »

France Audenard Audenet, 18 ans le 25 août 1944

France Audevard Audenet en compagnie du chien de son fils
Portrait de Gisèle Arnault Bourgoing

« Le jour du 25 août 1944, c’était le jour de mes 9 ans, alors tout se qui a pu se passer ce jour là m’a marqué à vie. J’ai perdu beaucoup de personnes de ma famille, il y en a eu 18 : mes oncles, mes tantes, mes cousins, mes cousines ainsi que mon grand père. J’étais cachée dans une cave avec ma maman. C’est pourquoi nous n’avons pas été tuées. »

Gisèle Arnault Bourgoing, 9 ans le 25 août 1944

Portrait de Michel Lerasle

« Pour pas que les corps de ma mère et de mon frère brûlent, mon père les a mis dans une brouette et les a emmenés dans son bureau près du cimetière. »

Michel Lerasle, 8 ans le 25 août 1944

Portrait souvenir de la mère de Michel Lerasle
Portrait de Serge Martin

« Lorsque je suis arrivé là où on habitait, il n’y avait plus personne et justes des ruines, à part l’atelier qui n’avait pas brûlé. Je ne sais pas s’il y a un mot dans le dictionnaire pour décrire ce que j’ai ressenti à ce moment-là. »

Serge Martin, 10 ans le 25 août 1944

Portrait de Gilbert Chedozeau

« Arrivés à quelques centaines de mètres de la route et de la ferme, nous nous sommes arrêtés et nous avons décidé de passer la nuit dans ce fossé. Ce ne fut pas une nuit noire, le ciel était éclairé par les brasiers des fermes qui brûlaient. »

Gilbert Chedozeau, 12 ans le 25 août 1944

Gilbert Chedozeau montre une douille datant de 1944.
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Livre

Visage(s) du 25 août
Édition Brumaire-Anovi
30 x 21 cm à l’italienne, 128 pages
1 000 exemplaires
(Parution 2016).
En vente ici.